En octobre 2020 lors du CSSCT on nous a vendu Teams comme un outil de travail collaboratif. La plupart d’entre nous l’utilisons ainsi.
Dans les faits, la CGT observe une dérive :
- Des managers et directeurs zélés s’en servent pour une surveillance abusive des horaires de connexion, des échanges des agents et pour une analyse des temps d’inactivité.
- Et les RH s’en saisissent pour diligenter des procédures disciplinaires.
« Impensable » ! Vraiment ?
Des alertes et des questions des représentants du personnel ont été faites, et la direction a été assez claire dans ces réponses. Flash- back :
21 décembre 2023, l’instance de la FSSSCT de l’établissement de Bordeaux :
Le directeur de l’établissement de l’époque, Thierry Ravot, explique que ce « flicage » et ce phénomène de « contamination » sont simplement « impensables » et précise qu’une communication dans ce sens sera faite aux managers.
L’ex adjoint au directeur de la gestion, Michaël Boyer Vidal en rajoutait une couche indiquant qu’il considère les pratiques de surveillance inadmissibles et contraires au « Grandissons ensemble ».
19 décembre 2025, la réunion des Délégués du Personnel Privé (DPP) :
Les élus CGT posent la question suivante : « RH/Temps de présence : Comment la hiérarchie utilise TEAMS pour surveiller le temps de présence des personnels ? »
La réponse de la Directrice des relations sociales et vie au travail, Florence Wiener, est là encore sans équivoque : « L’outil Teams n’est pas un outil de surveillance du temps de présence. »
Ce n’est plus une dérive. C’est un système.
Obliger des collègues à dire bonjour quotidiennement dans une conversation de groupe, ce n’est pas de la communication ni de la convivialité, c’est du contrôle.
Prendre des captures d’écran du statut, des connexions ou inactivité des collègues, c’est du flicage.
Quand la Direction des ressources humaines valide ces demandes de sanction uniquement en lien avec l’outil Teams, elle reconnait cette dérive comme légitime.
Des preuves qui n’en sont pas.
Une capture Teams c’est quoi ?
- Un statut qui ne reflète pas forcément le travail réel ;
- Un outil détourné de sa fonction ;
- Une donnée sortie de son contexte.
Et pourtant, cela devient un élément à charge dans un dossier disciplinaire et un motif de sanction.
On fabrique des fautes à partir d’outils qui n’ont jamais été conçus pour ça et non fiables comme preuves.
Illégal… mais utilisé quand même
L’article L1222-4 du code du travail est très clair :
« Aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à sa connaissance. »
Non seulement aucune information claire n’a été donnée mais les représentants du personnel n’ont jamais été consultés alors que le code du travail prévoit explicitement que le Comité Social et Économique (CSE, ici le CUEP) doit être informé et consulté avant toute mise en place de dispositifs de contrôle de l’activité.
La CNIL est aussi très claire et rappelle que les outils numériques ne doivent pas permettre une surveillance permanente des salariés et que tout dispositif doit être justifié et proportionné à l’objectif poursuivi.
Donc :
- Changer l’usage d’un outil sans informer les agents : interdit
- Mettre en place une surveillance sans consultation : interdit
- Utiliser des données détournées pour sanctionner : contestable
Mais ici tout est réuni.
Ce que ça veut dire concrètement
Aujourd’hui :
- Un directeur fait une capture d’écran de Teams ;
- Les RH valident ;
- L’agent se retrouve en procédure disciplinaire.
Demain ?
N’importe quel outil pourrait devenir un outil disciplinaire, sans cadre, sans contrôle, sans limite.
La CGT exige immédiatement :
- L’arrêt de toute utilisation de Teams à des fins de surveillance ;
- La suspension des procédures disciplinaires fondées sur ces données non fiables ;
- La transparence totale sur l’ensemble des outils et données collectées ;
Vous êtes concerné si …
- Votre statut Teams est surveillé ;
- Vos horaires sont déduits de vos connexions Teams ;
- Des captures d’écran Teams sont utilisés contre vous ;
- On vous oblige à dire « bonjour » dès votre connexion à votre poste de travail ;
- On vous demande de justifier des périodes d’inactivité (pastille jaune au lieu de la verte ou la rouge).
Ce n’est pas normal et ce n’est pas légal.
